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Le « Brexit » : que coulera-t-il avec lui ?

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La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne serait un grand coup dans l’économie anglaise, et les réelles conséquences d’un tel passage semblent être ignorées par beaucoup de citoyens britanniques.

Londres, c’est indéniable, est un grand centre de la finance qui s’est forgé une réputation inébranlable au fil des années de son ralliement à l’Europe et dont le potentiel est reconnu par le monde entier. Comment survivrait-t-elle au choc d’une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne ? « La City » garderait-elle son influence respectable et dorée ?

Tout pourrait basculer le 23 juin 2016, date à laquelle les Britanniques sont invités à se prononcer sur le maintien ou le retrait de leur adhésion à l’Europe. Les sondages sont aux coude à coude et il faut dire que l’actualité des derniers mois ne semble pas aider à rendre le sujet positif; la crise migratoire avec ses nombreux réfugiés en attente d’entrer sur le sol anglais et prêts à tout aux abords du tunnel sous la Manche pour trouver un accueil favorable dans le Royaume-Uni, la montée des partis populistes un peu partout en Europe, la morosité économique, le chômage qui pèsent sur l’humeur des citoyens.

Pourtant un « Brexit », selon beaucoup d’économistes, ne serait pas la solution aux problèmes actuels, bien au contraire. Toute la Grande-Bretagne dont l’activité financière se verrait ralentir ferait les frais de cette décision. Les prévisions avancent une chute du PIB par habitant de 3% jusqu’en 2030, une diminution considérable des investissements, une perte significative pour le monde de l’industrie, une hausse des prix généralisée des biens à la consommation, des véhicules automobiles et des produits chimiques par exemple… Les conséquences ne sont également pas limitées à la simple Grande-Bretagne. Tous les échanges commerciaux des pays européens avec le Royaume-Uni seraient eux aussi pénalisés suite aux barrières douanières remises en place.

Ce scénario catastrophe ne semble pas faire peur aux eurosceptiques qui invoquent dans cette sortie un nouvel élan pour l’emploi et une relance de l’économie du pays, ainsi qu’une solution afin de mieux maîtriser et contrôler un flux migratoire qui, selon eux, minerait leur pays ainsi et surtout s’affranchir de la pression fiscale et de l’ingérence politique imposée par Bruxelles…

C’est Cameron lui-même qui a mis le pays dans cette situation, en promettant lors de sa campagne électorale de 2009 de donner la parole aux Britanniques par le biais d’un referendum. Aujourd’hui, il s’évertue à défendre cette adhésion et s’est entouré des collaborateurs les plus fervents au maintien au sein de l’Union chargés de redorer les aspects d’un « remain ». La très nationaliste et traditionnelle Écosse est aussi une bonne publicité favorable au maintien tout comme la « Queen » pour qui le rattachement à une Europe progressiste tient très à cœur.

Le 23 juin 2016 c’est entre deux questions cruciales que le citoyen britannique devra trancher : « rester » membre ou « quitter » l’Union… Les jeux ne sont pas encore faits et d’ici là beaucoup d’encre va encore couler et influencer le destin de l’Europe qui, en fonction, devra revoir urgemment un grand pan de son fonctionnement…

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